Le royaume des animaux est rempli de bêtes attachantes. Elles ne sont parfois pas du monde mais ça ne nous empêche pas de les traiter comme s’ils étaient de la famille. Ils deviennent nos compagnons, nos confidents, nos bébés. Leurs vertus thérapeutiques ne sont plus à prouver. Leur utilité est applicable à plusieurs domaines variant de la recherche scientifique aux arts plastiques. L’inspiration qu’ils procurent a influencé de grandes œuvres dont celle de John Morose, ce peintre extraordinaire ayant trouvé une muse en son canidé et qui en fait baver à la compétition dans Le Nécromanchien de Matthias Arégui.

Avant de devenir the talk of the town, il n’était qu’un pauvre raté mille ayant mille excuses pour retarder le moment fatidique du premier coup de pinceau. La panne est perpétuelle et le vide existentiel. Il est certain qu’habiter à côté de chez Hans Dubonheur, son frenemy qui connaît un énorme succès depuis leur sortie de l’école à de quoi vous fermer les vannes. Résigné à son sort d’éternel perdant, il était loin de se douter que l’adoption d’un bon garçon allait lui permettre de trouver sa niche et de vivre sa best life. Leur relation fusionnelle rend possible la communication par télépathie. Ainsi, le meilleur ami de l’homme — littéralement — donne ses commentaires et encouragements afin de faire cheminer l’artiste. Galvanisé par le flot d’idées et l’amour que lui procure son catalyseur à quatre pattes, il réalise l’inimaginable : retrouver confiance en lui. Toutefois, le temps est une maîtresse cruelle et viendra le jour où la grande faucheuse saura réclamer son dû. Fido ne rapportera plus jamais son bâton tout mâchouillé ni sa dose quotidienne de papouilles.

Tous les chiens vont apparemment au paradis mais pas notre gentil pépère qui est bloqué entre deux mondes. Est-ce pour assouvir sa vengeance ? Chat se peut. Dire adieu à son alter ego ? C’est une épave à la dérive. Reproduire la scène mythique de Ghost ? Euh… Peu importe la raison, il faudra de l’aide pour établir la connexion entre l’éther et la terre. Par miracle, une gentille dame au regard espiègle met à contribution son sixième sens pour interagir avec le trépassé qui lui fait part de son désir d’être réuni avec son maître une dernière fois avant d’aller gambader dans les verts pâturages où les bornes-fontaines sont légion et les poubelles bien garnies. Loin des yeux mais toujours dans nos cœurs. Je te woooushhhhh aussi mon beau.

Il est impossible de ne pas succomber devant des sentiments d’une telle pureté. Avec beaucoup d’humour et de jeux de mots discutables, Matthias Arégui réussit à nous faire passer par toute la gamme des émotions. C’est une ode à l’amitié, l’amour, la dévotion, la persévérance. Qu’importe que vous ayez déjà possédé un animal de compagnie, l’envie irrépressible de partager des moments d’éternité avec un être qui vous le rend au centuple devient vite un leitmotiv. Du très grand divertissement qui nous rappelle qu’il y a encore de belles choses dans ce bas monde qui mérite notre attention.




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