Tsunami

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Vivre et laisser vivre. Cette formule consacrée dont l’origine remonte à la première Grande Guerre est encore d’actualité. Nous avons beau être grégaires, prôner la liberté d’expression et la paix dans le monde, il restera toujours des gens dont la face ne nous revient pas. En vieillissant, on se forme une carapace et faire abstraction des casse-pieds devient un jeu d’enfant. Mais c’est une autre paire de manches quand notre tourmenteur est dans notre classe de primaire et qu’il fait deux fois taille. Qu’arrive-t-il lorsqu’on en a assez, que le sang bouillonne et que les émotions explosent ? Un Tsunami.

Tsunami, Pow Pow, 2025

C’est vraiment plate quand d’être le plus petit de ton groupe. Surtout si tu te prénommes Peter — terme obscène pour désigner un pénis en anglais — et que ta coupe de cheveux te donne une tête de gland. C’est la nouvelle élève d’Angleterre qui a trouvé le sobriquet désobligeant. Elle le disait objectivement et sans malice. Charlie est cool avec lui. Ils habitent sur la même rue d’une ville tout ce qui a de plus tranquille au bord de la mer. Ça fait changement de se faire appeler pustule par Gus, ce garçon plein de hargne qui s’en sert comme punching bag. Peter et lui sont deux faces d’une même médaille. Ils sont perturbés et ont besoin de secours. Peut-être que l’absence de leur père respectif n’aide pas au problème. Le secondaire approche. Il reste un mois à endurer et espérer que ça passe vite. La colère gronde depuis que le billet de 50 dollars du petit bizarre a été volé avant de s’envoler pour de bon. Des doigts ont été pointés et des poings brandis. Puis un jour, la goutte d’eau qui fait déborder le vase se transforme en lame de fond laissant beaucoup de dégâts le long de sa trajectoire.

Tsunami, Pow Pow, 2025

Un cell et une clavicule cassés plus tard, la tempête est passée mais Peter manque à l’appel depuis presque un mois. Il a raté la danse de fin d’année qui était nulle selon sa voisine. Ce n’est pas comme s’il y tenait de toute façon. C’est un jeune homme solitaire qui n’aurait -apparemment- jamais fait de mal à une mouche. La fin justifie les moyens. On est prêt à aller à des extrêmes pour arrêter de souffrir. Le choix est binaire : combattre ou fuir. Peter a choisi de faire les deux. Il faut se méfier de l’eau qui dort, surtout si elle a un couteau.

Tsunami, Pow Pow, 2025

Un style cartoonesque pour amortir les coups. C’est Cyanide and Happiness mixé avec les Power Puffs Girls. Pensez Gummo ou Napoleon Dynamite pour représenter le vide existentiel de grandir dans un bled perdu qui nous semble une prison. Première incursion dans le monde de la bande dessinée de l’illustrateur, designeur et animateur de renom Ned Wenlock. La version originale a remporté sans surprise le prix du meilleur nouveau livre aux New Zealand Book Awards for Children & Young Adults.

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