Personne ne demande à venir au monde, mais nous y voici. Il n’y a rien de plus naturel et terrifiant à la fois. Avoir autant de libre arbitre à de quoi rendre fou. Il faut s’occuper le cerveau à une quelconque tâche physique ou intellectuelle pour empêcher nos méninges de surchauffer. On se fait lentement mais sûrement conditionner à rentrer dans un moule pour suivre la voie tracée et aspirer ainsi à la félicité. Qu’advient-il si on n’arrive pas à lire le mode d’emploi ? Sommes-nous condamnés à la médiocrité ? Levons notre Whisky Baby aux losers !

C’est comme ça que les gens ordinaires les appellent, non ? Ceux qui manquent d’ambition et de direction finissent toujours par tomber sur les nerfs des plus dégourdis. Pourquoi être la norme dans un monde d’exceptions ? Le problème avec ceux qui ne suivent pas la parade c’est qu’ils sont obligés de la regarder défiler. On en vient à se poser des questions existentielles et à douter de sa valeur. C’est plus simple de faire l’autruche, de s’étourdir et de profiter de la liberté le temps que ça passe parce qu’il faudra tôt ou tard faire face à ses responsabilités. La même rengaine qui tourne en boucle dans la bouche de nos proches qui voudraient tant « qu’on essaie de bouger notre cul pour trouver une job. » Vivre aux frais de la princesse sans jamais lever le petit doigt n’est pas super pour l’autonomie, mais maudit qu’on est bien à la maison. Réveille, man ! Ce n’est pas avec un diplôme de RCR et un secondaire 5 que tu vas rendre tes parents fiers. L’amour inconditionnel a tout de bien des limites et celles de ton père sont atteintes.

Ton géniteur est tiraillé entre te prendre dans ses bras ou t’étriper. Lui qui se fend en quatre à l’usine pour que tu ne manques de rien, ça serait la moindre des choses que tu fasses ta part ou au moins te lèves le matin pour aller porter des CV au lieu de regarder des vidéos de chats arborant des sombreros. Pendant que tu dors à poings fermés, les siens fessent dans le mur à s’en éclater les jointures. Ta sainte mère essaie tant bien que mal de te protéger de ce qui s’en vient. Les souverains du royaume sont à couteaux tirés et toi pauvre fou, tu mords dans la vie comme on croque une pomme, mais il y a un pépin : le château s’écroule.

Ne vous laissez pas berner par le trait bon enfant de Wax à la facture classique franco-belge flirtant avec le graffiti, car derrière toute cette bonhomie se cache un propos des plus sérieux. Les mots de Caro expriment avec justesse cette ambivalence, voire cette réticence à entrer dans la cour des grands. À l’ère du capitalisme sauvage où la productivité et le rendement sont l’étalon de mesure, il fait bon de prendre un pas de recul et de redéfinir notre conception du succès et par le fait même du bonheur. Inspirez. Expirez. Répétez.




Laisser un commentaire