Mémoire vive

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The world has turned and left me here chantait Weezer

Presque un leitmotiv dans mon cas.

Je suis retourné vivre dans le quartier dans lequel j’ai passé mon adolescence. Je côtoie les mêmes endroits, regarde les mêmes paysages, use mes semelles sur le même bitume. Il m’arrive parfois de les voir furtivement du coin de l’œil, ces spectres du passé qui hantent ma mémoire- amis maintenant dispersés aux quatres vents.

Le thème d’aujourd’hui: On revient toujours au bercail.

Trois BD ayant comme trame de fond cette identité forgée par nos racines, notre environnement, notre coin de pays.

Commençons tout d’abord par The Contract With God Trilogy: Life on Dropsie Avenue de Will Eisner- ce même Eisner qui a donné son nom au prestigieux prix.  On y relate la jeunesse d’Eisner, fils d’immigrant juif, dans un quartier malfamé (Dropsie Avenue) du Bronx pendant la Grande Dépression des années 30.Y est présenté avec force détails la vie de ce quartier depuis son érection à sa décrépitude, jusqu’à ce que les bulldozers le piétinent de leurs chenilles. Alors le cycle de la vie peut recommencer: de nouvelles familles avec de nouvelles histoires, la routine habituelle quoi!

L’Art de voler… Bon, c’est l’heure… L’heure de s’envoler… Le 4 mai 2001, le père d’Antonio Altarriba, âgé de 90 ans, saute du quatrième étage de sa maison de retraite… En relatant son existence intimement mêlée aux tempêtes qui ont ravagé l’Espagne et l’Europe du 20e siècle, son fils rend un vibrant hommage au courage, aux idéaux vaincus et à l’art si difficile de voler…

Ayant dû s’exiler en France sous le régime de Franco, c’est un pays en plein bouleversements qu’il peine à reconnaître à son retour. Devant courber l’échine et se résigner à son sort, il vivra son existence sans grandes joies, un goût d’amertume dans le gosier. C’est le regard éteint, le cœur en charpie, qu’il se ressasse sans fin le film de sa vie…ce qu’elle aurait pu être.

La dernière BD et non la moindre, Essex County de Jeff Lemire. Un p’tit canayen comme moé!

Ah pis ça me tente pu d’écrire. Voici un extrait de la critique de A. Peroud sur BDGEST

« Essex County, du fait de sa richesse scénaristique, est délicat à résumer. L’auteur se délecte à fausser les pistes en déposant, ici et là, des petits détails apparemment incongrus sur le moment. Puis, peu à peu, les différentes pièces de ce puzzle narratif, prennent forme et finissent par former une fresque parfaitement cohérente. Le lecteur découvre en compagnie de Lester, un gamin d’une dizaine d’année, ce territoire du sud-ouest ontarien. Comme dans beaucoup de régions rurales, les habitants et les distractions se font rares. Pour échapper à sa triste réalité – orphelin, il a été placé chez un oncle célibataire – l’enfant développe son propre monde, fait, Amérique du Nord oblige, de super-héros et autres envahisseurs de l’espace. Il se lie également d’amitié avec Jimmy Lebeuf, un ex-hockeyeur passablement endommagé. Cette relation n’est pas du goût de son tuteur, apparemment un lourd passé semble lier les deux hommes. Le récit prend alors une toute autre ampleur : amour, trahison, remords, rancœurs, exode rural et appel de la ville. L’ensemble est raconté sur fond de grands espaces et de hockey sur glace. Pas de doute, l’histoire se passe bien au Canada ! »

Bonne lecture!

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