A tale of Yop City

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Je suis un gars ben ordinaire qui ne s’intéresse guère à la politique étrangère. Je contemple mon nombril, centre de l’univers. En Amérique, on ne parle que de fric, de chirurgie esthétique et de…grève du hockey,oui je sais c’est pathétique.

C’est pourquoi je trouve rafraîchissant d’entendre parler des habitants d’Abidjan.

Bon pour les rimes, on repassera… don’t quit your date job comme on dit.

Mon beau-père est déjà allé Abidjan dans le cadre de son travail. C’est avec grande joie qu’il nous narrait ses aventures en prenant  son meilleur accent africain, vêtu de son boubou. Quelle ne fût pas sa surprise quand je lui ai parlé d’Aya de Youpougon. « Mais c’est là que je demeurais! », dit-il avec enthousiasme, les yeux brillants comme un enfant devant une sucrerie.

Des personnages haut en couleurs, bigarrés, métissés. Des rues animées de taxis pétaradants, d’effluves de maquis et de musique qui crachote des transistors. Un véritable meltingpot où s’agglutinent des familles élargies de parents venus de la campagne en quête d’une vie meilleure ainsi que par des enfants illégitimes, résultats des frasques d’un mari volage- qui sont nombreux en ces débuts des années 80.

On suit donc le quotidien d’ Aya et ses deux meilleures copines, Bintou et Adjoua- elles sont les meilleures amies du monde malgré leurs personnalités diamétralement opposées.  C’est la vie de simples adolescentes avec tout ce que cela comporte (les garçons, les sorties en boîte, l’école, le shopping) mais le tout servit à la sauce ivoirienne bien pimentée. Les récits prennent une saveur exotique qui nous est alors inconnue et on en redemande.

La palme revient aux expressions employées par les personnages, très imagées et souvent cocasses.

Tout comme Guy Delisle qui s’immisce dans le quotidien des gens d’une partie du monde,Marguerite Abouet nous fait partager la vie des habitants d’un pays qu’elle a dû quitter à l’âge de quatorze ans. On y sent une fierté mêlée à une certain nostalgie – l’inévitable mal du pays.

Une bonne main d’applaudissement à Clément Oubrerie pour ses magnifiques illustrations qui ont su capturer la beauté de l’Afrique.

J’ai bien apprécié le petit organigramme qui se trouve au début de chaque tomes expliquant les liens de filiation et les relations amoureuses. Le lexique nous apprenant la signification des diverses expressions utilisées est très divertissant. Mais pour moi qui est cuisinier de formation, j’ai tout simplement adoré les recettes typiquement ivoiriennes présentées par les personnages.

Aya, tu m’enjailles trop là!

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