Shérif Junior

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Le monde est rendu fou ! Les bandits font la loi et la violence règne dans les rues. Ça tire du gun de tous bords tous côtés pour des raisons aussi niaiseuses qu’une machine à cornets qui tombe en panne. Là où il y a de l’homme il y a de l’hommerie et ça ne sera pas demain la veille qu’on va arrêter de se taper sur la gueule. Ça fait de maudites bonnes histoires par exemple. Certains vous diront que c’est le far-west. L’omelette à eu son western et le cinéma son spaghetti. Combinez toutes ses lettres et vous avez Shérif Junior une BD complètement bazou baseball.

Imaginez-vous un p’tit gars d’onze ans un peu schizo avec une coupe champignon dans un suit de cowboy sur un cheval à bascule pis des squelettes pas tuables qui vendent de la poussière (snif, snif) au saloon. Kaboomie ! C’est ça Shérif junior. Un gros ramassis de wtf amalgamé dans un tout cohérent. Parce que ce n’est pas seulement un récit sans queue ni tête campé dans la ville hypothétique de Sorel-Sur-Poussière. C’est aussi un monde parallèle où on est projeté dans un set-up de caricature de vieux films westerns. Il y a de l’action, du drame et du divertissement à profusion ; un flot continu de chuckles pouvant remplir le Rio Grande. T’es un méchant taquin, Cantin ! Sérieux dude, ça va ? On peut dire que le numéro musical sur comment « l’alcool c’est super cool ! » est vraiment topos notchos.

Shérif Junior, Pow Pow, 2023

Au-delà des images, il y a les mots qui abondent. Certaines cases croulent sous les caractères. C’est là que réside la puissance de l’affaire parce qu’il est jubilatoire de lire les idioties — parfois très clever et deep — qui peuvent sortir de la tronche de ses personnages. Shout-out à Croucrou Pinson qui joue la carte à fond. Il n’y a pas juste celui-ci à porter un nom à coucher dehors. Parlez-en à Monsieur Ballefesse. On sent le potentiel de voir s’animer les scènes et les voix sont déjà toutes choisies dans nos têtes. C’est sûr que ça pognerait en bonhommes. En tout cas ça nous donnerait un break parce que des fois ça fait beaucoup de texte. Ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose, mais il faut s’y atteler pour ne pas prendre le mors aux dents. Une fois rentré dans le groove, il est facile de se laisser happer par le récit et toute sa weirdness. C’est comme si tout devenait banal dans cet univers où l’on cueille les revolvers sur les arbres comme un fruit mûr.

Shérif Junior, Pow Pow, 2023

Toujours sur une pente ascendante, Samuel Cantin enfile les projets et les succès. Son travail déborde du cadre du médium de la BD pour atteindre une plus grande masse qui agréablement découvre la verve de l’auteur. C’est avec stupéfaction et une dose d’émerveillement que l’on tourne les pages de cette imposante (446 pages) première partie d’une lutte sans merci. Espérons que notre gaillard s’attellera rapidement à la tâche, car son public trépigne d’impatience de savoir ce qu’on lui réserve. Et que ça saute, bordel de miel !

Une réponse à « Shérif Junior »

  1. Avatar de Marie-Luce, miaougraphe
    Marie-Luce, miaougraphe

    Sorel-sur-Poussière, charmant ! J’ai accroché au cheval à bascule. Je le garde en note.

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