Paroles de scouts

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đŸŽ¶đŸŽ¶ĂŠtre louveteau, louveteau, louveteau, c’est ce qu’il y a de plus chic. Être louveteau, louveteau, louveteau, c’est ce qu’il y a de plus beau.đŸŽ¶đŸŽ¶

Ah le scoutisme ! Sa rĂ©putation n’est plus Ă  faire. Le mouvement est sans conteste frappĂ© d’un sceau d’excellence en ce qui a trait aux valeurs qu’il vĂ©hicule. Fermez les yeux et pensez Ă  un scout. Je parie que vous avez tous imaginĂ© ce personnage emblĂ©matique qui respire la jeunesse et la probité ; l’incarnation du bien sur Terre. Toujours prĂȘts — leur devise — Ă  aider une vieille dame Ă  traverser la rue ou Ă  sauver un chaton coincĂ© dans un arbre. Ils sont tellement parfaits que cela frise l’aliĂ©nation mentale.

Évidemment, tout cela n’est que balivernes : les scouts sont des gamins comme les autres. J’ai moi-mĂȘme Ă©tĂ© louveteau et je peux affirmer que nous n’étions qu’une bande de prĂ©ados sans malice. Pour ĂȘtre honnĂȘtes, nous n’avions rien Ă  faire de leur serment Ă  la noix.

Le scout est digne de confiance, loyal, charitable, amical, courtois, gentil, obéissant, joyeux, économe, brave, pur et respectueux.

Nous Ă©tions tous prĂȘts Ă  Ă©couter leur laĂŻus si, en retour, nous pouvions manipuler un canif et une boussole. Il ne faut surtout pas oublier le pouvoir d’attraction de l’uniforme sur la gent fĂ©minine. Qui pourrait rĂ©sister Ă  ces badges ? Nous pouvions toujours rĂȘver…

đŸŽ¶đŸŽ¶Dans la troupe y’a pas d’jambes de bois. Y’a des nouilles, mais ça ne se voit pas.đŸŽ¶đŸŽ¶

Les scouts de la troupe 142, les protagonistes du roman graphique du mĂȘme nom, ne font pas exception Ă  la rĂšgle. C’est Ă  travers le rĂ©cit d’une semaine d’expĂ©dition en forĂȘt que leur personnalitĂ© se dĂ©voile. Les masques ,et parfois les gants, tombent. Les insultes pleuvent et les mots blessent : vivre en promiscuitĂ© peut exacerber les Ă©motions et enflammer les tempĂ©raments.

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Éditions çà et là 2013, Mike Dawson

Chaque tente est un microcosme avec ses propres lois et rivalitĂ©s. Comme dans une vraie meute, il y a des dominants et des dominĂ©s. S’ajoute souvent Ă  cette Ă©quation un souffre-douleur. Celui-ci est continuellement la victime des railleries et de la frustration de ses camarades. Le sort est tombĂ© sur Chuck; il a tirĂ© la paille la plus courte. Personne ne saurait dire pourquoi  les enfants sont parfois si cruels.

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Éditions çà et là 2013, Mike Dawson

C’est Lord Robert Stephenson Smyth Baden-Powell of Gilwell (essayez de le dire trois fois sans bafouiller) qui doit se retourner dans sa tombe !

Transformer l’art d’apprendre aux hommes à faire la guerre, en l’art d’apprendre aux jeunes à faire la paix.

Tel Ă©tait le premier objectif de celui que les scouts surnomment affectueusement BP.

Je vous sens tout dĂ©pitĂ©s…

On s’amuse pourtant bien au camp : on prend du LSD, on sculpte des godes, on fait des discours anti-gais.

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Éditions çà et là 2013, Mike Dawson

Mon apprĂ©ciation globale de la BD ? La trame narrative est bien travaillĂ©e et le rĂ©cit captivant. Les dessins sont prĂ©cis sans tomber dans l’excĂšs et certains clins d’Ɠil aux annĂ©es 90 sont insĂ©rĂ©s de façon astucieuse.Je ne suis pas le seul Ă  le penser puisque le webcomic dont est tirĂ© le livre a gagnĂ© le prix Ignatz pour la meilleure bande dessinĂ©e en ligne en 2010. Par ailleurs, il n’est pas rare que mes achats soient guidĂ©s par la mention des prix remportĂ©s en page couverture. Ils constituent une porte d’entrĂ©e vers l’univers de l’auteur et celui de Mike Dawson est Ă©clectique. De sa passion de jeunesse pour le groupe Queen dans « Freddie et Moi » Ă  ses prĂ©occupations en tant que parent dans « Nouvelles du front d’un pĂšre modĂšle », chaque thĂšme nous immerge dans une nouvelle rĂ©alitĂ© dĂ©taillĂ©e avec minutie.

Il est certain que mon interprĂ©tation de ce roman graphique est passĂ©e Ă  travers le prisme de ma propre expĂ©rience. Des souvenirs, parfois douloureux, sont remontĂ©s Ă  la surface lors de sa lecture. Le temps panse les blessures tel un jeune scout dans son cours de secourisme. Je conserve prĂ©cieusement les moments partagĂ©s en compagnie de la meute 6e C Saint-Paul d’Aylmer, et j’espĂšre que mes enfants y seront un jour aussi bien accueillis. Cet ouvrage empreint d’une douce nostalgie vĂ©hicule un message sous-jacent important : l’intimidation ne profite Ă  personne. C’est pourquoi je dĂ©cerne Ă  Mike Dawson le badge de « l’ami de tous » pour son ouverture aux autres et lui rĂ©serve une double ration de guimauves pour le feu de joie.

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