¿Que paso en El Paso?

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  • La route
  • Une vieille bagnole
  • De la poussière
  • Du soleil

C’est bon, là ? On les a tous ?

Ah non ! Il manque le bâtard dont la mère vient de mourir qu’on fourgue à son criminel de papa.

Vraiment les gars ?

Comme on dit par chez nous, vous ne vous êtes pas cassé le bécik

Le Texas.

El Passo: c’est une marque de tacos !

Le rêve de l’Amérique est encore bien vivace.

Nous ne vous en tenons pas rigueur puisqu’il est difficile de résister à l’attraction du road movie.

C’est de la faute à Kerouac ! 

Les grands espaces et la route désertique nous donnent le sentiment de vivre par procuration. On a tous eu un jour ou l’autre envie de partir sur un nowhere. Ça a toujours l’air très poétique lorsque c’est couché sur papier, mais en réalité, ça doit être mal moins bohème de se laver avec des wet-nap que t’as piquées au snackbar Chez Raymond. Pas que ce soit le cas ici, mais on y raconte une bien triste histoire qui connait un dénouement mi-figue mi-raisin. C’est comme une balade country : plein de couchers de soleil et de cœurs brisés.

El Paso, Sarbacane, 2012

Parlant de couchers de soleil, c’est là où réside la grande force de la BD. Les illustrations au grain sablonneux et fleurant le tabac à chiquer nous donnent l’impression d’y entendre un air de steel guitar en sourdine. Chaque case ; chaque planche est une histoire en elle-même. À l’occasion, nous n’avons pas besoin de mot, mais bien d’ambiances. Et c’est dans ces silences désertiques que s’apprivoisent deux bêtes se voyant pour la première fois.

Malgré la tristesse et la dureté du propos, on en retient beaucoup de douceur — on s’y attendait un peu, hein ? L’instinct paternel du gros gars tough — celui qui n’aurait jamais avoir eu d’enfant — se met en marche et donne des moments attendrissants. Cela demeure un gangster qui emmène son flo dans le fond d’une cour à scrap pour percevoir de l’argent, mais bon; l’important c’est qu’il ait eu du plaisir.

El Paso, Sarbane, 2012

C’est un drôle de constat de se rendre compte que l’on est le fruit de ses parents et que l’on ne peut y échapper. Avec le temps on ajuste le moule original, on devient une version altérée, légèrement cabossée, mais foncièrement la même. Je souhaite juste que le fils d’Andy-la débrouille, ne finisse pas à son tour *DIVULGÂCHEUR ALERT*, en prison. Il arrive parfois que les fleurs poussent dans un milieu aride. Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir — à moins qu’on soit de la graine de bandit.

  • La route
  • Une vieille bagnole
  • De la poussière
  • Du soleil

Voilà tout ce qu’il faut pour oublier ses soucis le temps d’un moment. Les chemins cahoteux, les enseignes lumineuses au beau milieu de la nuit d’encre et la rumeur de l’orage qui se prépare. Les éclairs qui sillonnent le ciel et la pluie qui martèle la tôle. La cadence des essuie-glaces, les paupières mi-closes.

El Paso, Sarbacane, 2012

Fais de beaux rêves petit.

Demain est un autre jour.

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