La mélodie du malheur

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J’ai deux passions dans la vie : la bande dessinée et la musique.

Essayons quelque chose de différent.

Juste pour le plaisir.

Black Hole Sun

Une ville de banlieue tout ce qu’il a de plus ordinaire où les habitants vivent au rythme des viols, suicides et tueries. Un vortex s’ouvrant sur les portes de l’enfer — il y fait de plus en plus chaud. L’indolence des uns fait le plaisir des autres : on peut péter des télés au milieu d’un parking avant d’y mettre le feu sans susciter d’émois. Le ciel est vide tout comme les yeux de Sho. Celui-ci a préféré la catatonie à la suite des événements. Rien de mieux qu’un bon matelas pour faire oublier les soucis.

Vacuum, Rackham, 2014

Where is My Mind

Pourquoi les gens disjonctent de façon aussi spectaculaire ? La réponse en peut-être dans le titre de l’œuvre : Vacuum. Cette espèce de vacuité de la vie moderne où l’on doit poser des gestes extrêmes, parfois sordides, pour pouvoir sentir quelque chose. Et si c’était un trou béant s’ouvrant sur les entrailles de la Terre ? Une sorte d’orifice moite qui se nourrit de nos angoisses existentielles. Littéralement.

Vacuum, Rackham, 2014

Sour times (Nobody loves me it’s true)

C’est sur ce tapis de chair aux vertus thérapeutiques — aussi puissantes que l’héroïne — que naît un amour d’adolescence. Une histoire banale sur fond d’apocalypse. Quand c’est rendu que les jeunes se donnent rencontre à la morgue pour regarder le cadavre autopsié d’un camarade s’étant suicidé après avoir violé la queen b de l’école. On efface et on recommence.

Vacuum, Rackham, 2014

It’s the End of the World as We Know it

Qu’est-ce qu’on fait en attendant la fin du monde ? Rien de spécial.

Aparté
Je me demande vraiment ce que je ferais dans une telle situation.
Confession : La bombe nucléaire m’effraie et me fascine à la fois.
Si je me savais condamné, je m’installerais sur le toit d’un immeuble avec du popcorn pour regarder le plus beau feu d’artifice au monde.
It’s to die for!

OK, on repart

Les esprits échauffés et les tensions exacerbées font rompre l’élastique. Le grand frère du violeur décide d’exercer sa vengeance divine entre les murs de l’établissement l’ayant fait paria. La suite, vous la devinez.

Vacuum, Rackham, 2014

Knockin’ on Heaven’s Door

Impressions

Le dessin hachuré et tout en rondeur contraste avec la dureté du propos tout en conservant une touche de réalisme. Quant au traitement, le cynisme de l’auteur face à la société dans laquelle nous évoluons est sans équivoque. Nous avons tous un tempérament misanthrope à l’occasion. Le problème est lorsque la petite digue dans notre tête cède, répandant ainsi sa furie dévastatrice. Il est important de laisser libre cours à cette colère. Sinon, on peut s’y noyer en entraînant des innocents au passage. Cette bande dessinée s’agit donc ici d’un exutoire dans la même lignée que les séries Dark et The End of the F***ing World. Pour ceux qui trouvent une certaine poésie au ballet de la mort.

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