Casa Rodeo : Run Maison Run

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Il n’y a rien comme retourner chez soi après un long séjour ou une journée de dur labeur. On peut se soustraire aux yeux du monde et vaquer à ses occupations sans la peur du jugement d’autrui. On peut se lâcher lousse, se mettre à l’aise et laisser s’exprimer sa personnalité. Si les murs pouvaient parler, hein ? Peut-être qu’ils nous diraient d’arrêter nos folies et d’enfiler une paire de bobettes. En tout cas, la maison imaginée par Thom dans Casa Rodeo, décide carrément de lever les pattes lorsqu’elle en a assez de ses résidants qui doivent partir à ses trousses. 

Casa Rodeo, Éditions Pow Pow, 2020

D’emblée, la cohabitation d’individus dans un espace clos est souvent source de problèmes. Ce constat s’avère d’autant plus véridique lorsque se côtoient des créatures aux passe-temps pas toujours évidents à conjuguer. Contenir en son sein un lapin écrivain désabusé, un canard friand de sorcellerie et un cochon hirsute aux allures de savant fou peut venir à bout de la patience de la bicoque la plus docile. C’est d’ailleurs à la suite à une expérience électrisante que celle-ci a soudainement pris vie et conscience du triste sort que lui faisaient subir ses résidents. 

Casa Rodeo, Éditions Pow Pow, 2020

Ainsi donc, elle profita de leur absence pour décamper et partit faire les 400 coups en compagnie d’une meute de maisons sauvages — si vous trouvez ça bizarre, attachez bien votre ceinture parce qu’on décolle. Totalement désemparés par la situation, ils se mettent à sa poursuite pour finalement la retrouver et se faire jeter leurs effets personnels à la figure, break up style ; les amis vont devoir se dénicher un nouveau refuge. Il s’en résulte un remue-méninge où la ménagerie décide de se diviser : le rongeur quitte pour la ville, le volatile pour Vauvert — diable  ! — et le porc fait sa tête de cochon en tenant mordicus à capturer et mater la fugitive. Les chemins se séparent et chacun s’en va en directions opposées en quête d’un endroit pour y fixer ses pénates. Bien mal leur en prendra, car la route sera évidemment périlleuse et semée d’embuches : prison, glaçon et explosion sont au rendez-vous pour nos compagnons de fortune. Mais, comme toute bonne chose à une fin, ils en viendront à trouver la félicité et sortiront grandis de cette aventure rocambolesque, mais, surtout et avant tout, avec un nid douillet à leur image.

Casa Rodeo, Éditions Pow Pow, 2020

Pour ce deuxième album, Thom a décidé de suivre la formule gagnante de sa première création VII. En très peu de mots (des onomatopées), il réussit à instiguer des dialogues fictifs sans équivoque entre ses personnages. Cette économie de mots est magnifiée par des planches truffées de détails et de clins d’œil nous invitant à entrer dans l’univers du bédéiste à l’imagination débridée. Comme un film muet ou un épisode des Looney Tunes, les ressorts comiques empruntés fonctionnent à merveille. L’humour noir et burlesque procure un goût de revenez-y en ajoutant une couche d’absurdité à une histoire déjà tordue où il fait bon y retourner… comme à la maison.

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