Utown

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Ce n’est pas facile d’être en situation de précarité. On ne sait pas toujours quand sera notre prochaine entrée d’argent, où on va dormir et manger à sa faim. Plusieurs facteurs sous-jacents contribuent à forcer les gens qui ne fittent pas dans le moule à s’embourber dans une vie de déglingue. Par contre, certains s’y plaisent bien dans les quartiers malfamés qui sont devenus leur terrain de jeu. L’énergie chaotique y régnant permet une liberté d’être qui attire les artistes et les marginaux qui se foutent éperdument de ce que l’on peut penser d’eux. Toutes les grandes villes du monde ont leurs spots crades ; pour Caroline Brault aka Cab, c’est Utown

Utown, Nouvelle adresse, 2022

Bienvenue à Union Town ! Là où les gens sont pas beaux, un peu weird pis saouls à 10 h du mat’. C’est le hood de Sam, un sympathique punk qui aime se la couler douce, faire la fête et claquer le peu de fric qu’il gagne en travaillant au club vidéo – YOLO !  Il a pourtant un potentiel immense qu’il noie dans les litres de Pabst. Oui, c’ est un poteux de 24 ans avec un problème de consommation. Oui, il est immature et irresponsable. Ok, c’est aussi vrai qu’il manque d’ambition mais vous savez quoi ? Il a un grand cœur et une sensibilité artistique hors du commun. Il ira même jusqu’à accueillir un jeune ado en cavale dans son atelier/appart miteux situé dans un vieil immeuble en décrépitude rempli de poubelles. Cette tanière abritant une faune éclectique deviendra d’ailleurs le lieu d’une bataille épique pour sauver le quartier de la gentrification. 

Utown, Nouvelle adresse, 2022

Comme toute bonne chose à une fin, celle de Utown comme on le connaît aussi. Dehors les tout croches ; on rase tout pour construire des condos en carton et des cafés prétentieux où les baristas se la jouent solide. Les loyers montent en flèches et les avis d’éviction pleuvent. De toute cette merde, on voit jaillir un élan de solidarité alors que les résidents montent aux barricades pour livrer un combat perdu d’avance puisque le rouleau compresseur du capitalisme écrase tout sur son passage. So long les crottés, vous pouvez aller crever dans les égouts, on en a rien à cirer. Ça a quand même eu l’effet d’un électrochoc sur Sam qui s’est sorti la tête du cul pour recommencer à créer des toiles – même si celles-ci sont pour orner les murs d’un de ces cafés huppés. Y’a rien que les fous qui changent pas d’idée ! S’adapter pour évoluer, telle est la mission. 

Utown, Nouvelle adresse, 2022

Cab n’en démord pas d’évoquer Montréal sous toutes ses coutures car ne nous laissant pas berner, on reconnaît aisément Hochelaga et ses environs. On sent tout l’amour qu’elle porte à ce lieu qu’elle habite depuis belle lurette. Sa précédente série, Hiver nucléaire, nous présente la métropole figée dans un hiver perpétuel à la suite de l’explosion de la centrale Gentilly-3. Avec ses personnages attachants et des décors plus vrais que nature, ce n’est pas l’envie qui manque de déménager dans ce paradis sur terre !

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